Le circuit Henri IV

Les portes du soubeyran

24b9bf601a6960dd2cc8c0ac41983029

En 1307, Marvejols est choisie comme capitale administrative des terres du roi de France en Gévaudan, tandis que Mende est la ville épiscopale. Pendant la guerre de Cent Ans, Marvejols, ville royale, est fortifiée et le roi ajoute la fleur de lys à son blason. Au XVIe siècle, la majorité de la population se convertit au protestantisme et suit Henri de Navarre. Pendant les guerres de Religion, Marvejols, place forte protestante, est prise par les catholiques, en 1586. En 1601, Henri de Navarre devenu Henri IV, roi de France, aide la ville à se relever. Cette porte date du XIVe siècle. Elle a gardé toute son allure médiévale même si elle a subi d’importantes réparations au début du XVIIe siècle. Elle était munie d’une porte et d’une herse en bois, avec un fossé et un pont-levis à chaîne. Son architecture défensive est dite “ouverte à la gorge”, car les divers planchers sont ouverts et accessibles de l’intérieur, par des échelles mobiles.

Rue Tourette

Le nom de la rue vient d’une petite tour qui faisait partie des fortifications de la ville. Cette rue emprunte le tracé d’un ancien boulevard intérieur, de 1,50 m de large, qui ceinture l’intérieur de la ville et relie entre elles les treize tours et les trois portes fortifiées. A Marvejols, il n’y a pas de chemin de ronde sur la muraille.

Ordres religieux et couvents

Plusieurs ordres religieux s’établissent à Marvejols au cours des siècles (Cordeliers, Augustins, Capucins, Jacobins, Bénédictines). Ce sont souvent de petites communautés de 4 ou 5 religieux. Leurs couvents sont situés à l’extérieur de la ville royale, mais ils possèdent tous des maisons en ville, qui leur servent de refuge en période de troubles. Ainsi, le couvent des Cordeliers, fondé au XIIIe siècle, se trouve à la sortie de la porte du Théron, aujourd’hui place des Cordeliers. Une partie de l’église existe encore. Leur maison est rue des Bastiers. Les Augustins ont une maison dans la même rue. Leur couvent est bâti hors les murs, au-delà de la porte de l’Hôpital, sur les terrains de l’actuel château SaintLambert. Les Bénédictines vivent d’abord dans un monastère au Chambon, sur les rives de la Colagne, puis se réfugient en ville, à côté des Capucins, près de l’église. Les Jacobins construisent une maison ici, au XVIIe siècle. C’est la Confrérie des Pénitents Blancs de Marvejols qui leur succède en 1824.

Eglise Notre-Dame de la Carce

01-Marvejols_Eglise2La première église de Marvejols date de la fin du XIIIe siècle. Elle devient collégiale en 1310. Cette église souffre beaucoup des guerres de Religion. Les travaux de restauration et de réédification durent toute la seconde moitié du XVIIe siècle. L’église Notre-Dame de la Carce témoigne du renouveau de l’architecture religieuse en France au XVIIe siècle, en réaction contre la Réforme. Ce n’est donc pas un hasard si, en Lozère, c’est à Marvejols, place forte du protestantisme en Gévaudan, que l’influence des modèles jésuites se manifeste. Le plan de l’église, la sobriété de la façade extérieure, le soin apporté aux deux portails, la simplicité de l’élévation intérieure, sont dans l’esprit du temps. Le grand clocher actuel, est, au XVIIe siècle, couvert par un dôme. Malgré les ajouts et modifications du XIXe siècle, la rigueur de l’édifice de style jésuite est encore présente.

La Ville

Un petit bourg s’implante ici au XIe siècle, autour d’une chapelle, sur ce versant qui offre le seul terrain sec de la vallée. Tout le reste n’est qu’un immense marécage (d’où plus tard une rue Chantegrenouille !). Très vite, les crues de la Colagne menacent les habitations. En 1307, les Cordeliers aidés de la population construisent une digue, assèchent des terrains et creusent un béal (un canal) entre la rivière et la ville. A la fin du XIVe siècle, les fortifications donnent désormais à la ville royale la forme du centre ancien actuel.Le quartier Est se développe sur le principe de la bastide ou de la ville neuve, avec sa place et ses rues bordées de grands immeubles et d’hôtels particuliers. Le quartier Ouest, à vos pieds, correspond à l’ancien bourg médiéval avec ses ruelles qui convergent en étoile vers l’église et l’ancienne citadelle royale disparue aujourd’hui. Les toits anciens sont en lauzes de schiste.

Quartier de la Villette

C’est le quartier le plus ancien de la ville. On retrouve le tracé des rues, ruelles, impasses et escaliers du Moyen-Âge. La maison à pan de bois que vous voyez est peut-être la plus vieille maison de Marvejols. On sait qu’en 1636, ce sont des muletiers, cordonniers, apothicaires, bouchers qui habitent ce quartier populaire très vivant. Les maisons ont deux étages au plus. Certaines ont une porte d’étable au rez-de-chaussée et un escalier extérieur pour desservir l’habitation à l’étage. Chaque maison a une fenêtre de grenier avec sa poulie en bois servant à hisser les ballots de foin ou les sacs de grains, mais aussi la laine pour la stocker ou la sécher. Marvejols a la chance d’avoir conservé, en ville, un grand nombre de ces fenêtres de grenier, notamment rue de la République, témoins sympathiques d’une vie rurale qui a perduré longtemps à l’intérieur des murailles.

Hôtel de Châtillon

On sait peu de choses de cette maison intéressante par son grand escalier de pierre, son rez-de-chaussée voûté et sa fine tourelle d’escalier sur la cour intérieure. Elle porte le nom de l’illustre famille Du Plessis Châtillon, dernière héritière des comtes de Peyre, seigneurs de Marvejols. A l’époque, les Du Plessis Châtillon sont aussi propriétaires du château de la Baume. Cette maison sert d’hôpital pendant la guerre de 1914-18 puis d’école jusqu’en 1926. Pour rejoindre le numéro suivant, on longe la place Girou où s’élevait, de 1601 à 1685, le temple protestant.Ce sont sans doute les relations commerciales de Marvejols avec le Midi, mais aussi l’influence de la famille de Peyre, qui entraînent la conversion de la majorité des habitants aux idées de Luther et Calvin, vers le milieu du XVIe siècle. Bâtiment public, depuis 2008 il abrite une salle d’exposition et les bureaux de la Maison des Services Publics.

Maison consulaire

De 1685 à 1795, cet immeuble (n° 10 rue de la République) abrite la maison consulaire, c’est-à-dire l’administration municipale, des prisons, mais aussi le tribunal. Dans la cour, on peut voir un escalier à vis. Il en existe une quinzaine dans Marvejols. Celui-ci s’achève par une sorte de loggia. La maison consulaire ou maison commune, puis mairie ou hôtel de ville, a beaucoup déménagé. Depuis 1935, l’hôtel de ville est situé avenue Savorgnan de Brazza, dans l’ancienne demeure du XVIIIe siècle de la famille Malafosse qui a servi de sous-préfecture de 1894 à 1926.

Les Quatre Coins Hôtel Bès de Berc

C’est le cœur de la vieille ville. Les deux principales voies de communication se coupent ici à angle droit : la rue Droite qui va du Soubeyran à Chanelles, de Paris vers le Midi et la rue qui va de l’église à la place. Ces quatre coins délimitent ainsi les quatre quartiers anciens de Marvejols (Borelle, Fourdoules, Théron, Daurade). L’hôtel Bès de Berc est un bel exemple de façade du XVIIIe siècle à Marvejols, avec son ordonnance classique, sa porte surmontée d’une tête de lion et ses balcons en ferronnerie finement ouvragée. Il appartenait à Emile Bès de Berc, contrôleur des contributions directes à Marvejols.

S’amuser à lire une façade

La muraille de ville, plus étroite au sommet. – Une fenêtre de grenier avec sa poulie en bois. – Une fenêtre d’époque classique, rectangulaire, plus haute que large avec un encadrement en pierre bien taillée. – La trace de l’emplacement de l’ancien boulevard inté- rieur qui ceinture l’intérieur de la ville et relie les tours et les portes fortifiées entre elles. – La muraille de ville de 1,10 m de large à la base.

Fenêtres avec balcons

Prenez le temps de regarder la variété des fenêtres et des balcons qui donnent sur cette grande place qu’il faut imaginer lorsqu’elle était place Impériale, sous Napoléon III. Vous remarquez en face de vous, au n° 3, l’étroite façade de l’hôtel Bonnet de Paillerets avec sa fenêtre du rezde-chaussée protégée par une grille, ses deux balcons aragonais, ventrus au premier étage et droits au second. A gauche, une série de longs balcons en fer forgé du XIXe et du XXe siècles, dont celui de la Maison J. Bringer avec les initiales “J.-B.” entrelacées au centre. A droite, les sept fenêtres à la Mansard aux frontons tantôt arrondis, tantôt triangulaires de l’hôtel Talansier. Un peu partout, des petites lucarnes dans les toits de schiste.

Porte du Théron

Marvejols-Porte-du-Theron-XVIIe-siecleC’est la porte Est de Marvejols. Les maisons construites à l’extérieur de cette porte épousent la forme d’une petite terrasse appelée “ravelin” sur laquelle s’appuyait le pont-levis à chaîne. Le grand fossé extérieur, en eau dans cette partie basse de la ville, a joué un vrai rôle dans la défense de Marvejols au moment des guerres de Religion. La porte du Théron a encore tous ses gonds.Remarquez la toiture détachée par rapport aux tours, formant une sorte d’attique. Là aussi, la réutilisation d’une architecture militaire pour un usage d’habitation a nécessité des adaptations. Ainsi, le noyau central de la porte a été rempli pour permettre le passage d’une tour à l’autre, grâce à un couloir à chaque étage.

Hôtel de Prades Rue de la Laine

Voici l’ancienne rue des Bastiers, c’est-à-dire des fabricants de bâts pour les ânes, les mulets et les chevaux. L’hôtel de Prades est la plus belle maison de cette rue. Il appartenait à la famille Seguin de Prades, une très vieille famille du Gévaudan. Cette façade Renaissance, sur rue, date en fait du XVIIe siècle. Malgré la fragilité de la pierre calcaire locale, vous pouvez apprécier les détails d’un décor raffiné (faux pilastres cannelés, linteau de porte à fronton triangulaire, fines lucarnes), restaurés en 2010 par les Compagnons de France. Vous êtes à l’angle de la rue de la Laine. Au Moyen-Âge, un marché de la laine se tenait tous les jours dans cette artère animée. Il faut rappeler ici que la ville de Marvejols s’est développée et enrichie grâce au travail et au commerce de la laine, notamment des draps de pays.

Porte de Chanelles

C’est la porte Sud de Marvejols, celle qui mène sur la route du Midi, vers Millau. Elle s’appelait autrefois porte de l’Hôpital à cause de l’Hôpital Saint-Jacques, situé à proximité. De l’intérieur de la ville, on voit bien comment s’est fait le remplissage des murs avec des galets de rivière lorsque les portes ont été aménagées, au XVIIIe siècle, pour être habitées. Pour cela, des fenêtres ont d’ailleurs dû être percées au Sud dans les tours elles-mêmes. En haut, il y a aussi, comme dans une vraie maison, une fenêtre de grenier avec sa poulie.

Boulevards et faubourgs

Au début du XVIIIe siècle, la ville royale est devenue plus sûre. Les fossés sont comblés et la population les transforme en jardins. Vers 1740, elle est autorisée à construire contre les remparts. Désormais, la muraille de la ville se noie dans les constructions. En descendant le boulevard jusqu’à la porte de Chanelles, vous distinguez d’abord, sur votre gauche, au n° 31, une grosse tour prise dans une maison. C’est l’une des trois tours ou demi-lune subsistant des fortifications. Puis, juste après, au second plan, vous apercevez, se dégageant des toits, une tour d’escalier terminée par un pigeonnier. Après la Révolution, des faubourgs se développent au sortir des trois entrées et portent les noms traditionnels de Barry ou Barrière.

De l’échoppe au commerce

A Marvejols, il reste très peu de portes d’échoppes dans leur état d’origine. En voici une. Elle est divisée en deux parties : un comptoir et un passage. Grâce au comptoir cette porte permet un contact direct entre la rue et la boutique. A l’intérieur, la pièce est plus haute que le niveau de la rue. On y accède donc par une marche.